C’est la dernière recette aux figues de
la longue série que j’avais énoncée au début du mois de septembre. Déjà, la période
des figues gorgées de sucre et d’arômes est terminée, et bien qu’on puisse encore
en trouver au marché, il ne s’agit plus ni de cette quantité, ni de cette
qualité m’ayant permis de faire les délicieuses recettes que j’ai publié tout
le long de ce mois.
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jeudi 25 septembre 2014
vendredi 21 janvier 2011
CHUTNEY DE COURGETTES
J’ai découvert cette recette pendant le premier jour de nos vacances l’été dernier en Suisse. Nous parlions depuis longtemps d’un tour du lac Léman, en nous arrêtant au gré de nos désirs pour visiter les attrayantes villes et villages sur notre route. Comme nous nous y sommes pris au dernier moment avec les réservations, c’était presque un miracle de trouver une chambre pour une nuit dans un bed-and-breakfast dans un village perché à 2 000 mètres dans les Alpes à proximité de Montreux. Les images que nous avions vues sur Internet de cette charmante maison construite pour une princesse russe nous ont complètement séduites. La réalité était un tout petit peu différente... En revanche, nous avons pu bénéficier d’un accueil chaleureux, d’un bon petit déjeuner avec de vrais produits suisses (les gaufres chaudes au beurre étaient un vrai délice) et des pièces communes de la maison laissées presque pour nous seuls. La véranda offrait une vue fantastique sur les Alpes qui se dessinaient sous le brouillard dans un paysage changeant sans cesse et on y pouvait respirer l’air le plus cristallin que l’on puisse imaginer. On pouvait aussi s’installer confortablement dans le salon pour prendre une boisson chaude en feuilletant la riche collection de beaux livres.
C’est dans un de ces livres, « The Cottage Garden »plus précisément, que j’ai déniché la recette de chutney de courgettes. Il est surprenant par sa texture et sa couleur marron foncé, presque noire. Avec son goût neutre, la courgette laisse au gingembre la possibilité de s’exprimer pleinement. Elle-même se devine difficilement : on pense plutôt aux fruits, surtout à la prune.
La recette initiale est pour 1,8 kg de courgettes, mais je ne voulais pas me lancer tout de suite dans un volume si considérable. Pour ce premier essai, j’ai divisé la quantité des ingrédients par 10. J’ai ainsi obtenu environ 150 grammes de chutney, ce qui a suffit pour accompagner quelques repas très épicés.
Ingrédients :
* une courgette de 180 g,
* du gros sel,
* un-demi oignon (22,5 g), finement émincé,
* une cuillère de soupe d’huile (d’olive, par exemple),
* 67,5 g de sucre brun,
* 1 cuillère à café de gingembre frais râpé,
* 57 ml de vinaigre de malt (que j’ai remplacé par du vinaigre balsamique).
Préparation :
Epluchez les courgettes, coupez-les en petits cubes, couvrez-les de sel et laissez-les pendant 24 heures. Ensuite, rincez-les très bien sous l’eau courante (elles retiennent malgré tout un peu de sel, car j’ai trouvé mon chutney un peu salé), égouttez-les et séchez-les avec du essuie-tout.
Faites revenir l’oignon dans l’huile jusqu’à ce qu’il devienne transparent. Ajoutez les courgettes, remuez bien et rajoutez le reste des ingrédients. Portez à ébullition et faites cuire à feu doux en remuant doucement de temps en temps pendant 45-50 minutes, ou jusqu’à l’évaporation complète du liquide.
Ce chutney peut être gardé au réfrigérateur pendant une dizaine de jours.
mercredi 19 janvier 2011
CHUTNEY DE POMMES
Ce chutney tout simple se marie très bien avec la volaille blanche, surtout avec le poulet et la dinde, mais aussi avec le porc rôti. Il est meilleur s’il est préparé quelques jours à l’avance.
Ingrédients :
* 3 pommes (par exemple, Golden si vous préférez un chutney plus doux, Granny Smith si vous le voulez plus acidulé),
* 1 oignon moyen, pelé et finement émincé,
* 1 pincée de piment de Cayenne,
* une pincée de cannelle,
* 4 morceaux de sucre brun,
* 4 cuillères à soupe de vinaigre de cidre,
* une pincée de sel gris,
* du poivre noir fraichement moulu.
Préparation :
Epluchez, épépinez et coupez les pommes en petits morceaux. Mettez tous les ingrédients dans une petite casserole, mélangez-les bien et faites-les cuire jusqu’à l’évaporation totale du liquide (environ une demi-heure), en remuant doucement de temps en temps.
Laissez le chutney refroidir complètement avant de le mettre en pot. Vous pouvez le garder au moins 8 jours au réfrigérateur.
mardi 18 janvier 2011
CHUTNEY DE FIGUES
Plusieurs auteurs insistent sur le fait que le chutney de figues doit être préparé uniquement avec des figues fraîches ou, à défaut, congelées, mais dans aucun cas avec des figues sèches. Je suis bien d’accord que, si vous êtes un chef étoilé facturant à quatre-vingt euros le plat, vous devez choisir les produits frais. Cependant, la toute première recette que j’ai trouvée, il y a des années déjà, était à base de figues sèches et j’ai pu facilement la tester, car nous en avons toujours à la maison à cette période de l’année. Puis, toutes les personnes qui ont gouté ce chutney l’ont aimé et je vous propose la recette que j’ai accommodée au fil des essais en toute confiance.
Ingrédients pour environ 200 g de chutney :
* 200 g de figues sèches,
* 2 oignons, finement hachés,
* 1 c. s. d’huile à goût neutre,
* 50 g de sucre brun,
* le jus d’un demi-citron,
* un morceau de gingembre de la taille d’une noisette, râpé,
* une pincée de noix de muscade fraîchement râpé,
* une pincée de cannelle,
* 2 clous de girofle,
* ½ cuillère de sel gris,
* du poivre noir fraîchement moulu.
Préparation :
Coupez les figues en petits morceaux, mettez-les dans un bol, couvrez-les de 200 ml d’eau bouillante et laissez-les gonfler pendant 20 minutes.
Pendant ce temps, faites revenir les oignons dans l’huile à feu doux jusque ce qu’ils deviennent translucides. Ajoutez 2 cuillères à soupe d’eau de la macération des figues et poursuivez la cuisson pendant encore 10 minutes.
Ajoutez les figues (avec le liquide) et le sucre.
Laissez cuire pendant 5 minutes, puis rajoutez le jus du citron et les épices.
Poursuivez la cuisson pendant 1 heure, en remuant de temps en temps.
Enlevez les clous de girofle.
Laissez refroidir avant de mettre en pots.
lundi 17 janvier 2011
UN DINER EPICÉ AUX SAVEURS INDIENNES
C. est une amie que j’apprécie énormément pour son naturel, sa générosité et son ouverture d’esprit. C’est elle qui m’a montré la pratique de la biologie moléculaire (« c’est comme faire la cuisine … ») au cours de mon premier stage de laboratoire. Tiraillées par nos occupations respectives, nous nous sommes un peu perdues de vue ces derniers temps et avions beaucoup de chose à nous dire. Pour la recevoir, elle et son compagnon, j’ai opté pour un dîner simple et savoureux organisé autour des chutneys, ces condiments raffinés à base de toutes sortes de fruits et légumes réunissant des saveurs épicées, piquantes, sucrées et aigres qui agrémentent les mets nord-indiens et dont on trouve les délicieuses descriptions dans les récits des écrivains anglais. Le meilleur que j’ai jamais mangé était un chutney à la mangue verte extrêmement piquant d’une célèbre chaîne de restaurants indiens et sri-lankais. Il était fraichement préparé, sans cuisson, comme sont en réalité la majorité des chutneys. J’ai aussi testé et accommodé les recettes pour une grande variété de ces chutneys que l’on cuit environ une semaine en avance pour laisser du temps aux aromates de se développer pleinement et de se mélanger d’une manière harmonieuse. Les chutneys dont je vous parlerai plus loin appartiennent à cette deuxième catégorie.
Le premier chutney est intervenu dans certaines des petits amuse-bouches qui sont venus accompagner les délicates bulles d’un Crémant de Limoux, comme les canapés au foie de canard.
CANAPES AU FOIE DE CANARD
Ingrédients :
* du pain de seigle d’Aveyron, coupé en tranches pas très fines
* mousse de foie de canard au Porto
Préparation :
Coupez les tranches de pain en carrés de 2 à 2 cm², grillez-les légèrement, puis tartinez-les avec le chutney de figues et posez dessus une tranche de mousse de foie.
Le repas a continué avec une petite salade de chou chinois & fenouil. J’ai découvert par hasard cette combinaison de deux légumes qui s’allient à merveille. Pendant que nous discutions de ce que nous avons fait l’année dernière, de nos projets et, entre autre, de notre incapacité grandissante à gérer nos rapports avec Internet, j’ai presque oublié les Côtes de porc au vindaloo masala qui se sont dangereusement approchées du point de combustion dans le four et j’ai dû intervenir en urgence en ajoutant de l’eau chaude dans le plat. Heureusement, ce n’est pas bien grave parce que les côtes de porc supportent, et même exigent, d’être bien cuites.
COTES DE PORC AU VINDALOO MASALA
Le vindaloo masala est un des plus brulants des mélanges d’épices indiens. Fait rare, il est généralement utilisé pour la préparation du porc, une viande traditionnellement peu consommée en Inde, sauf par la population chrétienne de Goa. Parfois, je l’utilise simplement pour préparer de la viande « à la façon européenne », sachant que je peux compter sur sa saveur riche et équilibrée.
Ingrédients pour le mélange d’épices vindaloo masala
(Il existe, bien évidemment, plusieurs variantes)
* 8 clous de girofle,
* les graines de 2 capsules de cardamome noire,
* 2 bâtonnets de cannelle de 5 cm,
* 2 cuillères à café de piment de Cayenne,
* 10 graines de poivre noir,
* 1 cuillère à soupe de graines de cumin,
* 2 cuillères à soupe de coriandre,
* 1 cuillère à café bombée de graines de fenugrec,
* 1 cuillère à café bombée de graines de moutarde jaune.
Toutes les épices doivent être grillées dans une poêle à fond épais (p. ex., en fonte), en remuant sans cesse jusqu’à ce qu’elles prennent une couleur brun doré, soit 10 minutes environ. Ensuite, elles sont pillées au mortier ou passées au moulin électrique. Le mélange peut ensuite être conservé pendant 3 mois dans un récipient hermétique (je le garde en plus au réfrigérateur). Avant d’être utilisé, il est additionné de vinaigre.
Préparation :
Laissez mariner 4 côtelettes de porc dans un mélange de 2 cuillères à soupe de vindaloo masala et de 4 cuillères à soupe de vinaigre de vin rouge pendant au moins une heure. Puis, mettez dans un plat huilé et faites cuire dans un four chaud comme à votre habitude, en tournant une fois et en n’oubliant pas d’arroser d’eau chaude en cas de besoin.
Notre plat principal, rendu très piquant par le mélange d’épices indien, était capable de provoquer un vrai incendie dans les voies respiratoires qui peut être atténué uniquement par les saveurs sucrées. C’est pourquoi les chutneys de courgettes et de pommes, les carottes glacées et le riz basmati ont été bienvenues. C. a adoré. J’ai même reçu un « C’est pas mauvais » de la part de mon mari (rassurez-vous, c’est à peu près égal à « Excellent ! »).
En accompagnement du repas, nous avons proposé un vin chilien du Valle Central, étonnement fruité pour un Cabernet Sauvignon et en même temps suffisamment tannique pour s’immiscer dans une association réussie avec la viande épicée. En regardant comment ce vin est présenté, on peut facilement comprendre pourquoi notre Ancien Monde est dorénavant conquit par les vins du Nouveau Monde, mis à part leur très bon rapport qualité prix et leur facilité à être bus avec les petits plats de tous les jours. La bouteille, à vis, s.v.p. (le mythe que les sommeliers préfèrent les bouteilles à bouchon de liège se dissipe peu à peu), est d’une sobre élégance, dotée d’une étiquette ne contenant que des informations essentielles. En revanche, la contre-étiquette est très expressive. On y trouve des explications en trois langues que ce vin vient de la cordillère des Andes, un endroit bénéficiant d’un climat méditerranéen propice à la culture de la vigne et où les premiers cépages de Cabernet Sauvignon ont été introduits par les Français au milieu du XIXème siècle. En plus, la contre-étiquette est dotée de quatre pictogrammes qui illustrent des choses qui sont bien souvent d’une minime importance du point de vue du producteur de vin français, mais d’une importance cruciale pour l’un amateur curieux et peu fidèle, comme l’origine du vin, le cépage, la température à laquelle il doit être servi et, enfin, s’il est sec ou doux.
Autour de minuit, il est enfin venu le tour des desserts que nos invités ont déniché dans une pâtisserie montpelliéraine : une pâtisserie par personne, aussi belles que délicieuses. Je vous laisse les imaginer, parce que je les ai découpées pour qu’on puisse les partager, et elles n’étaient plus aussi belles ... Je suis désolée, mais s’il y a quelque chose que je suis incapable de faire dans la vie, c’est de faire un choix au risque de ne pas gouter une nouvelle saveur.
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