dimanche 23 juin 2013

Paris ethnique : Baï Ganio, épicerie bulgare



On peut tout trouver à Paris, y compris des produits bulgares. La preuve, avec l’épicerie Baï Ganio**, située dans la rue des Petites Écuries. La boutique est comme une machine à remonter le temps : dès que je suis entrée, j’ai eu l’impression d’être retournée plus de vingt ans en arrière. Ou que rien n’a changé depuis - dans tous les sens du terme …
J’aimerai bien me concentrer uniquement sur les informations utiles, mais j’ai beaucoup de mal à écrire de manière impartiale et impersonnelle, car je me suis sentie très bizarrement, comme dans un musée vivant, et cette sensation ne m’a toujours pas quittée. J’ai été stupéfaite de voir un échantillonnage de produits que j’ai connu pendant mon enfance (et auxquels, en tant qu’enfant capricieux et ayant grandi à l’étranger, je n’ai jamais su me faire) : des biscuits, des fromages, dont le byalo siréné (бяло сирене en bulgare, ce qui veut dire « fromage blanc » ; c’est un fromage caillé en saumure, cousin très proche de la feta grecque), de la charcuterie comme autrefois, des pots de lutenitza (une sauce, ou purée de poivrons, tomates et aubergines dont je dois absolument vous parler, mais elle mérite un chapitre entier) aux étiquettes décorés de personnages dans des costumes « traditionnels » (bien que personne ne s’habille ainsi depuis plus d’un demi-siècle, à part les danseurs dans les spectacles folkloriques) et aussi du vin, dont la Bulgarie est un producteur historique. A noter, les produits frais, comme le « vrai yaourt bulgare », sont livrés tous les mercredis. 


Бай Ганьо (Bai Ganïo)
10 Rue des Petites Écuries (à proximité du croisement avec la rue du Faubourg St Denis)
75010 Paris
du Jeudi au Lundi, 11h–20h

**Bai Ganïo est le personnage principal des nouvelles satiriques de l’écrivain bulgare Aleko Konstantinov (1863–1897), et probablement le « héros » national le plus populaire. Son créateur l’avait doté de tous les défauts qu’il ne supportait pas chez ses compatriotes et qu’il voulait combattre avec sa plume : grossièreté et mesquinerie, vantardise et insolence ... Curieusement, la popularité de ce personnage négatif a largement dépassé celle de son auteur et, pire encore, certaines Bulgares ont commencé à se revendiquer fièrement en héritiers de cet anti-héros.

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